Installation

Author: 
Publisher: 
Place: 
Paris
Year: 
2011


The novel Konur (2008) (Women), translated to French by Henrý Kiljan Albansson.



About the book:



Eva Einarsdóttir se sépare de son fiancé et rentre chez elle en Islande après avoir vécu à New York. Une vague relation lui prête un logement au centre de Reykjavík, dans une tour high-tech équipée des technologies dernier cri en matière de sécurité et de surveillance. Eva veut prendre le temps de s'installer dans ce pays qu'elle ne reconnaît plus, les pêcheurs ont disparu et cadres de banques et traders ont envahi la ville. Peu à peu Eva change, elle sort de moins en moins de cet appartement, fait des cauchemars, rencontre des gens étranges dans l'immeuble, se laisse envahir par une voisine. Une tension s'installe. La sensation de menace s'intensifie à mesure que l'œuvre avance, et culmine dans une seconde partie au suspense insoutenable.



From the book:



Le soir, elle prépara des tortillas qu'elle avait achetées au supermarché Bónus dans la rue principale du centre-ville, Laugavegur, but un verre de vin rouge avec le repas et se contenta de cela. Elle avait sommeil, mais en dépit du fait de sêtre surmenée au fitness, elle avait l'impression que sa pensée était plus claire, la vie de ses sentiments pas aussi chaotique. elle se doutait au moins de ce qu'elle allait faire le lendemain: se maintenir occupée, en numéro un, et l'après-midi recontrer Hrafn dans un café. Il lui avait envoyé un SMS, avait accepté sa prière d'excuse, sans directement la mentionner, et déclaré pouvoir la rencontrer à l'heure qu'elle fixait.



Après le repas, elle se retrouva debout dans l'embrasure de la porte d'accès à la buanderie que ouvrait depuis la cuisine. Une partie de la pièce avait été aménagée en une sorte de cellier, une réserve pour les cartons de vin, de bière et les vivres, pâtes, riz, chocolats, biscuits, et l'homme qui lui avait montré l'appartement avait dit qu'elle pouvait en user á volonté. Mais il y avait autre chose – quelqe chose là à l'intérieur qu'elle avait laissé passer.



Elle parcourut la pièce des yeux. Machine à laver. Cordes à linge suspendues au plafond. Étagères avec des cartons. Une haute corbeille en plastique ajourée pour le linge sale. Elle se mit à penser à Marie. Ou était-ce Grace? Deus femmes avaient-elles habité là avant elle? En même temps ou l'une après l'autre?



Dans un coin extérieur, non loin du panier à linge sale, elle aperçut alors ce qu'elle cherchait, ce qu'elle avait laissé passer: une porte, peu frappante et presque de la même couleur que le mur. Elle l'avait d'abord remarquée lorsque l'appartement lui avait été montré, mais n'avait pas eu la présence d'esprit de demander ce qu'il y avait derrière. La porte s'ouvrait avec une targette que était tirée sur le côté, et semblait donner dans l'appartement d'à côté, celui que restait vide.



Pourquoi cette porte était-elle là? Pour que les habitants du duernier étage – s'il leur venait à l'esprit de fraterniser – puissent avoir une communication facile entre les deux buanderies?



Il lui vint à l'idée que la targette était connectée à quelque système d'alarme et n'osa pas y toucher, pas elle-même, mais décida de s'informer. Tout de suite. Si elle ne prenait pas le contrôle de sa propre vie, qui devait alors le faire pour elle? Pas Hrafn tout du moins. Il lui effleura l'esprit d'appaler le gardien et de le faire monter chez elle, mais elle ne connaisait pas le numéro de téléphone, et si le gardien était celui qui s'appelait Snorri elle trouverait cela inconfortable, elle n'était pas sûre de vouloir être seule avec lui ici en haut.



Elle prit la clé de l'appartement et en descendant avec l'ascenseur elle fut envahie par un intérêt pour tout le côté pratique qui touchait l'appartement: par exemple pour ce qui se passait si elle appelait l'ascenseur et que quelqu'un d'autre s'y trouvait – l'ascenseur montait-il alors directement chez elle avec cet inconnu?



Elle pénétra dans l'entrée et vit que Snorri, le plus jeune et celui qui avait l'air le plus fort, était assis derrière le bureau. Elle trouva cela pire, mais maintenant qu'elle était là elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire d'autre que dire ce qui l'amenait. Elle déclara vouloir se renseigner sur une porte à l'intérieur de son appartement, se composa comme machinalement un rire obséquieux – elle savait comment cela sonnait, mais elle était toute seule et...



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